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Lunette astronomique : comment ça marche et à quoi elle sert

Un instrument d'astronomie sur trépied sous la Voie lactée, comme pour observer avec une lunette astronomique
Photo : backyard astronomy 08 / planes, space, nature, domaine public (PDM) — https://www.flickr.com/photos/158350039@N03/48611884278

Une lunette astronomique est un tube muni de deux lentilles : une grande à l'avant, l'objectif, qui capte la lumière, et une petite à l'arrière, l'oculaire, qui agrandit l'image. Pour parcourir les différents types de lunettes astronomiques, un guide dédié existe, mais cette page vous explique d'abord le principe, simplement, pour que vous compreniez ce que vous achetez ou ce que vous utilisez déjà.

Qu'est-ce qu'une lunette astronomique, concrètement ?

Une lunette astronomique, que l'on appelle aussi réfracteur, est un instrument qui utilise uniquement des lentilles de verre pour rapprocher visuellement les astres. Le mot « réfracteur » vient de la réfraction : c'est le phénomène par lequel la lumière change de direction en traversant le verre. Une lentille bombée, dite convergente, ramène tous les rayons d'une source lointaine vers un même point, appelé le foyer. C'est le principe de la loupe avec laquelle on fait un point lumineux sur une feuille de papier.

Dans une lunette, cette première lentille forme au foyer une petite image, réelle, de l'objet observé : la Lune, une planète, un amas d'étoiles. La seconde lentille, l'oculaire, joue ensuite le rôle d'une loupe : elle permet à l'œil d'examiner cette petite image de près et de la voir grande. L'ensemble tient dans un tube, ce qui protège l'optique de la poussière et des reflets parasites.

Qui a inventé la lunette, et pourquoi parle-t-on de Galilée ?

Les premières lunettes sont apparues aux Pays-Bas en 1608, avec des demandes de brevet déposées par des lunetiers, dont Hans Lippershey. En 1609, Galilée en construit une et la tourne vers le ciel : il observe les cratères de la Lune, les quatre grosses lunes de Jupiter et les phases de Vénus. Ces découvertes ont changé la vision du monde.

La lunette de Galilée utilisait une lentille divergente comme oculaire, ce qui donnait une image droite mais un champ très étroit. Le schéma que l'on étudie aujourd'hui, avec deux lentilles convergentes, a été décrit par Johannes Kepler dans un ouvrage publié en 1611. C'est ce montage, dit « képlérien », qu'utilisent presque toutes les lunettes astronomiques modernes. Son seul inconvénient pour un usage terrestre est qu'il renverse l'image, ce qui est sans importance dans le ciel, où il n'y a ni haut ni bas.

Comment la lumière traverse-t-elle une lunette ?

Les étoiles et les planètes sont si lointaines que leurs rayons arrivent pratiquement parallèles entre eux. Voici le chemin que suit la lumière :

  1. Les rayons parallèles entrent par l'objectif, la grande lentille de l'avant.
  2. L'objectif les fait converger vers son foyer, où se forme une petite image de l'astre, à l'envers.
  3. L'oculaire est placé de façon que son propre foyer coïncide avec celui de l'objectif.
  4. L'oculaire renvoie alors vers l'œil des rayons de nouveau parallèles, sous un angle plus grand qu'à l'entrée.
  5. L'œil, détendu, voit l'astre sous un angle agrandi : il paraît plus gros.

Parce que les rayons entrent parallèles et ressortent parallèles, on dit que ce montage est « afocal » : il ne forme pas d'image sur un écran, il en donne une que l'œil regarde comme s'il fixait l'infini. C'est confortable, on ne fatigue pas l'œil. Pour voir le schéma détaillé, avec les foyers et les angles, consultez la page schéma d'une lunette astronomique.

Comment calcule-t-on le grossissement ?

Le grossissement d'une lunette est le rapport entre la distance focale de l'objectif et celle de l'oculaire :

grossissement = focale de l'objectif ÷ focale de l'oculaire

Prenons une lunette dont l'objectif a une focale de 700 mm. Avec un oculaire de 25 mm, le grossissement est de 700 ÷ 25 = 28 fois. Avec un oculaire de 10 mm, il passe à 70 fois. Changer d'oculaire est donc le moyen le plus simple de changer de grossissement, sans toucher au reste.

Focale de l'objectifOculaireGrossissement
700 mm25 mm28 fois
700 mm10 mm70 fois
900 mm20 mm45 fois
900 mm9 mm100 fois

La longueur du tube est, en première approximation, la somme des deux focales. Voilà pourquoi une lunette à fort grossissement est en général longue : il faut une grande focale d'objectif. Ce point est essentiel à retenir, car il explique l'encombrement de certains modèles.

Le grossissement fait-il tout ? Le rôle du diamètre

C'est l'idée reçue la plus répandue : croire que « plus ça grossit, mieux c'est ». En réalité, la qualité d'une image dépend surtout du diamètre de l'objectif, que l'on appelle aussi l'ouverture. Un grand diamètre capte plus de lumière, ce qui rend visibles des astres faibles, et il sépare mieux les détails fins, par exemple deux étoiles très proches.

Une règle pratique donne le grossissement utile maximal : environ deux fois le diamètre en millimètres. Une lunette de 70 mm de diamètre atteint donc raisonnablement 140 fois. Au-delà, l'image devient simplement plus grosse et plus floue, sans détail supplémentaire. La lumière est étalée sur une surface plus grande, l'image s'assombrit, et la moindre turbulence de l'air gâche la vue. Un fabricant qui annonce « grossissement 525 fois » sur une petite lunette de 60 mm vend un argument commercial, pas une performance.

On peut aussi retenir un grossissement minimal. Il se calcule en divisant le diamètre par environ 6 à 7 mm, taille de la pupille de l'œil dans l'obscurité : à ce grossissement, la lumière sortant de l'oculaire entre entièrement dans l'œil. Pour une lunette de 70 mm, cela donne un grossissement de départ d'une dizaine de fois, utile pour embrasser de grands champs d'étoiles.

Quels sont les défauts d'une lunette, et comment les corrige-t-on ?

Le principal défaut d'une lunette simple est l'aberration chromatique. Le verre ne dévie pas toutes les couleurs de la même manière : le bleu converge un peu plus près que le rouge. Résultat : un liseré violet ou bleuté entoure les objets brillants comme la Lune ou Jupiter, et l'image perd en netteté.

Les constructeurs ont trouvé plusieurs parades :

Les autres limites sont plus prosaïques : une lunette de grand diamètre est lourde et chère, parce qu'une grosse lentille bien taillée est difficile à fabriquer, et son tube est long. C'est pour cela que, pour regarder des objets très faibles comme les galaxies, les observateurs se tournent souvent vers des télescopes à miroir, plus économiques à diamètre égal.

À quoi sert une lunette astronomique, et pour quels astres ?

Une lunette de bonne qualité excelle dans plusieurs domaines :

Son tube fermé réduit les courants d'air internes, ce qui donne des images stables, et l'absence de miroir évite tout réglage : une lunette ne se « dérègle » pas, alors qu'un télescope à miroir demande parfois un alignement. Pour un premier instrument, c'est un vrai avantage de tranquillité.

Attention toutefois : la lunette ne se limite pas au ciel. Une lunette astronomique ne doit jamais être pointée vers le Soleil sans filtre solaire adapté, placé à l'avant de l'objectif. Regarder le Soleil sans protection peut détruire la vue en une fraction de seconde. Ce principe vaut pour tout instrument d'optique.

Lunette, télescope, jumelles : comment s'y retrouver ?

InstrumentOptiquePoints fortsLimites
LunetteLentillesSans réglage, images contrastées, robusteCoûteuse à grand diamètre, couleurs parasites sur les modèles simples
TélescopeMiroirs (et parfois lentilles)Grand diamètre à prix modéré, idéal pour le ciel profondPlus encombrant, réglage éventuel de l'alignement
JumellesLentilles et prismesChamp large, portables, deux yeux ouvertsGrossissement limité, difficiles à tenir à la main

Si vous hésitez entre une lunette et un miroir, notre page sur le télescope pour débutant détaille ce que l'on peut attendre d'un instrument à miroir, et comment choisir selon vos usages aide à trancher sans se tromper de catégorie.

Comment bien utiliser une lunette astronomique ?

  1. Installez-la sur un support stable : une lunette sur un trépied bancal tremble à chaque souffle de vent, et l'image devient inutilisable.
  2. Commencez par l'oculaire de plus grande focale, donc de plus faible grossissement : l'astre est plus facile à trouver et à garder dans le champ.
  3. Utilisez le petit chercheur fixé sur le tube pour viser, et alignez-le de jour sur un objet lointain.
  4. Faites la mise au point doucement, avec la molette, jusqu'à ce que l'image soit la plus nette.
  5. Passez ensuite à un oculaire plus fort, seulement si l'image reste lumineuse et nette.
  6. Laissez l'instrument s'acclimater à la température extérieure pendant vingt à trente minutes avant l'observation.

Pour savoir quoi viser dès la première soirée, la page comment observer les étoiles propose une marche à suivre pour les premières sorties.

Foire aux questions

Quelle différence entre lunette astronomique et lunette de Galilée ?

La lunette de Galilée a un oculaire divergent et donne une image droite avec un champ étroit. La lunette astronomique, dite de Kepler, utilise deux lentilles convergentes et donne une image renversée avec un champ plus large.

Pourquoi l'image est-elle à l'envers ?

Parce que l'objectif forme au foyer une image renversée, que l'oculaire se contente d'agrandir. Dans le ciel, cela n'a aucune importance. Pour un usage terrestre, on ajoute un système de redressement.

Quel diamètre de lunette pour débuter ?

Un diamètre de 60 à 80 mm convient pour la Lune, les planètes et les plus beaux amas. Plus petit, on est vite limité ; plus grand, le poids, la taille et le prix augmentent rapidement.

Une lunette peut-elle servir en journée ?

Oui, à condition de redresser l'image avec un prisme ou un dispositif adapté, et en évitant de viser le Soleil. Pour l'astronomie, ce n'est pas nécessaire.