Accueil › Jumelles
Jumelles astronomiques : grossissement, diamètre et pupille de sortie

Des jumelles astronomiques se jugent sur trois chiffres : le grossissement, le diamètre des objectifs et la pupille de sortie qui en découle. Si vous hésitez, les Bresser Hunter 10x50 illustrent bien le format le plus polyvalent pour débuter. Ce guide vous apprend à lire ces chiffres, à comprendre la différence entre 10x50, 15x70 et 20x80, et à savoir quand un trépied ou une stabilisation devient utile.
Qu'est-ce qui distingue des jumelles astronomiques de jumelles ordinaires ?
En réalité, il n'existe pas de frontière nette. Toutes les jumelles peuvent se tourner vers le ciel. Ce qui fait qu'on les qualifie d'« astronomiques », c'est un ensemble de choix qui favorisent la lumière plutôt que la légèreté : de grands objectifs (50 mm et plus), un grossissement modéré à élevé, et des traitements optiques soignés pour que les étoiles faibles ne se perdent pas dans les reflets.
Des jumelles de promenade 8x25 ou 10x25, très compactes, tiennent dans une poche mais captent peu de lumière : elles montrent bien la Lune, beaucoup moins les amas ou la Voie lactée. À l'inverse, des jumelles de 70 ou 80 mm de diamètre sont de véritables petits instruments d'observatoire, au poids à l'avenant. Entre les deux, le format 10x50 occupe une place à part, que nous détaillons plus bas. Si vous cherchez une vue d'ensemble avant d'entrer dans le détail, commencez par notre page jumelles pour l'astronomie : le guide.
Que signifie le grossissement d'une paire de jumelles ?
Le grossissement indique de combien l'image est agrandie. Avec un grossissement de 10, un objet qui mesure un degré dans le ciel en paraît dix. C'est une indication utile, mais elle est souvent surestimée par les débutants, qui pensent qu'un chiffre plus grand est forcément meilleur.
Il y a trois raisons de se méfier de la course au grossissement :
- Le champ rétrécit. Plus on grossit, moins on voit de ciel d'un coup. Pour trouver un objet, c'est un vrai handicap.
- Le tremblement augmente. Un tremblement de la main est amplifié exactement du même facteur que l'image.
- L'image s'assombrit. À diamètre égal, un grossissement plus fort réduit la pupille de sortie, donc la luminosité apparente des objets étendus comme les nébuleuses.
À l'inverse, un grossissement plus fort assombrit le fond de ciel, ce qui améliore parfois le contraste des étoiles faibles et des petits objets. Tout est affaire de compromis.
Que veut dire le diamètre des objectifs ?
Le diamètre, exprimé en millimètres, est la taille de chacune des deux grandes lentilles situées à l'avant. C'est lui qui détermine la quantité de lumière captée. Passer de 50 à 70 mm ne rajoute pas « 40 % » en apparence : comme la surface varie avec le carré du diamètre, 70 mm captent environ deux fois plus de lumière que 50 mm. Pour 80 mm, on atteint environ deux fois et demie la surface de 50 mm.
Le diamètre limite aussi la finesse des détails visibles, ce qu'on appelle le pouvoir séparateur. Pour des jumelles de 50 mm, on peut séparer en théorie deux étoiles distantes d'environ deux secondes d'arc, ordre de grandeur donné par la règle simple 116 divisé par le diamètre en millimètres. En pratique, l'agitation de l'air et la qualité de l'optique limitent ce résultat.
Comment calculer la pupille de sortie, et que vous dit-elle ?
La pupille de sortie est le diamètre du faisceau de lumière qui ressort de l'oculaire. Vous la mesurez en divisant le diamètre de l'objectif par le grossissement. C'est un chiffre à connaître, parce qu'il vous dit si les jumelles exploitent toute la capacité de votre œil.
| Modèle | Calcul | Pupille de sortie | Remarque |
|---|---|---|---|
| 7x50 | 50 ÷ 7 | environ 7,1 mm | Très lumineuse, mais bénéfice limité si votre pupille s'ouvre peu |
| 10x50 | 50 ÷ 10 | 5 mm | Bon compromis pour la plupart des yeux |
| 15x70 | 70 ÷ 15 | environ 4,7 mm | Bonne luminosité, plus de détails |
| 20x80 | 80 ÷ 20 | 4 mm | Image plus sombre en apparence mais plus fine |
Retenez la règle de bon sens : votre pupille, adaptée à l'obscurité, s'ouvre d'environ 7 mm chez un jeune adulte et se réduit avec l'âge, souvent vers 5 mm à partir de la cinquantaine. Si la pupille de sortie dépasse la vôtre, le surplus de lumière est perdu. Une pupille de sortie de 5 mm est ainsi un choix raisonnable pour une grande majorité de personnes.
Que valent un 10x50, un 15x70 et un 20x80 ?
Les jumelles 10x50 : le choix polyvalent
C'est le format le plus répandu pour l'observation du ciel, pour de bonnes raisons. Elles pèsent généralement autour d'un kilogramme, restent tenables à la main pendant quelques minutes, offrent un champ confortable et une image lumineuse. Elles montrent les cratères de la Lune, les lunes de Jupiter, les Pléiades et des centaines d'étoiles invisibles à l'œil nu. Vous pouvez examiner plus en détail la catégorie sur la page consacrée aux jumelles 10x50 pour regarder le ciel.
Les jumelles 15x70 : un cran au-dessus
Plus lourdes, souvent plus de 1,5 kg, elles réclament un support dès qu'on veut observer plus de quelques secondes. En échange, elles collectent presque deux fois plus de lumière qu'un 10x50 et grossissent davantage. On y distingue plus d'étoiles dans les amas, et les nébuleuses se détachent mieux. C'est un excellent format pour qui accepte de les installer sur un trépied.
Les jumelles 20x80 et au-delà
On entre ici dans le domaine de l'observation poussée. Le poids dépasse parfois les 2 kg, un trépied solide est obligatoire, et le champ est réduit. En contrepartie, la quantité de lumière et la finesse des détails sont remarquables. C'est une option à considérer quand vous maîtrisez déjà les bases, pas pour un premier achat.
Faut-il un trépied pour des jumelles astronomiques ?
La question revient constamment, et la réponse dépend du grossissement. Au-delà de 10x, il devient difficile de garder l'image stable, et à partir de 15x, un support est presque nécessaire pour profiter vraiment de ce que les jumelles savent montrer.
Un trépied photo ordinaire peut convenir, à condition d'ajouter un adaptateur. Beaucoup de jumelles ont un petit orifice fileté à l'avant, entre les deux tubes, qui accepte une tige ou une équerre de fixation. Quelques conseils pratiques :
- Choisissez un trépied stable, pas un modèle très léger qui oscille au moindre souffle de vent.
- Vérifiez que la rotule permet de pointer vers le haut sans que les jumelles ne heurtent les pieds.
- Un siège réglable ou une chaise longue évite de se tordre le cou quand on vise près du zénith.
- Réglez la hauteur pour regarder sans vous pencher : le confort détermine la durée de votre séance.
Pour vous aider à prendre vos repères sur le ciel une fois l'instrument installé, voyez notre page comment observer les étoiles.
Que penser des jumelles à stabilisation d'image ?
Certaines jumelles possèdent un système de stabilisation, électronique ou mécanique, qui compense en partie les petits mouvements de la main. Le principe est séduisant : on obtient avec des 14x ou 15x à la main une stabilité proche de ce que donne un trépied. Pour l'astronomie, c'est une vraie aide.
Il faut toutefois en connaître les limites. Les modèles stabilisés sont plus chers, plus lourds, dépendent d'une alimentation par piles, et leur stabilisation ne rattrape pas tous les mouvements. Elle ne remplace pas un trépied pour un examen prolongé de détails fins. Un bon trépied et des jumelles non stabilisées coûtent généralement moins cher qu'un modèle stabilisé de qualité équivalente. La stabilisation est donc un confort, pas une nécessité.
Quels autres éléments vérifier avant de choisir ?
- Les prismes et les traitements. Des prismes en verre de bonne qualité et des traitements antireflets multicouches augmentent le contraste. Une image grisâtre ou aux bords flous trahit une optique médiocre.
- Le champ apparent. Un champ plus large facilite le repérage. Vérifiez la valeur indiquée en degrés ou en mètres à 1 000 mètres.
- Le relief d'œil. Si vous portez des lunettes, il faut au moins une quinzaine de millimètres pour voir tout le champ sans les retirer.
- L'écartement des tubes. Les jumelles doivent se régler à la distance de vos yeux, sans quoi vous verrez deux cercles qui ne se superposent pas.
- L'étanchéité. Un modèle protégé contre l'humidité résiste à la buée de la nuit, ce qui compte pour de longues séances dehors.
Une fois vos critères posés, vous pouvez confronter la théorie à des fiches concrètes, par exemple en parcourant des jumelles pensées pour l'astronomie pour comparer les caractéristiques annoncées. Pour situer les budgets, sachez que les prix s'étendent de quelques dizaines d'euros pour un modèle d'entrée de gamme à plusieurs centaines pour un modèle de très bonne facture.
À titre de comparaison avec des jumelles d'observation plus compactes, deux fiches détaillées : les Eschenbach trophy D 8x42 ED et les ZEISS Terra ED 8x42.
Foire aux questions
Quel grossissement est le meilleur pour l'astronomie ?
Il n'y a pas de meilleur chiffre absolu. Pour une utilisation à main levée, 7x à 10x reste le plus confortable. Au-delà, prévoyez un trépied.
Que signifie « 15x70 » ?
Cela signifie un grossissement de 15 et des objectifs de 70 mm de diamètre. La pupille de sortie est d'environ 4,7 mm.
Une pupille de sortie plus grande est-elle toujours meilleure ?
Non. Si elle dépasse l'ouverture de votre propre pupille, la lumière en excès ne vous sert à rien. Entre 4 et 6 mm, la plupart des yeux sont bien servis.
Les jumelles astronomiques servent-elles aussi en journée ?
Oui, pour l'observation de la nature, des oiseaux ou d'un paysage, mais leur poids et leur grossissement les rendent moins pratiques en promenade qu'un modèle compact.